La Grande Guerre et les Outre-mer - Bilan et perspectives

Rachel MNEMOSYNE-FEVRE

Stacks Image 3

Docteure en histoire contemporaine depuis 2006 et enseignante d'Histoire-Géographie dans le secondaire, Rachel Mnémosyne-Fèvre a travaillé sur les soldats réunionnais durant le Première Guerre mondiale, thèse soutenue en 2006 à l'Université de La Réunion, en collaboration avec le laboratoire de l'ESID, spécialisé dans les conflits contemporains à l'Université Paul Valéry de Montpellier. L'idée de ce travail lui est venue suite à un mémoire de maîtrise sur l'image des troupes de couleurs durant la Grande Guerre. Force a été de constater que si les Sénégalais et les Spahis étaient fortement représentés dans les journaux illustrés de l'époque, les Vieilles Colonies étaient absentes des colonnes de presse, d'où le sujet sur La Réunion. Bien que la thèse n'ait pas été publiée, elle a fait l'objet d'articles et de nombreuses présentations.

« Les Poilus réunionnais dans la Grande Guerre, 1914-1918. »

Le 1er août 1914, face à l’ultimatum allemand, la France appelle à la mobilisation de ses citoyens. Sur l'ensemble du territoire français, les hommes doivent se présenter aux bureaux de recrutement.

Ainsi, pour la première fois à une si grande échelle, des régiments composés d’hommes provenant de toutes les colonies françaises, vont participer à l’effort de guerre. La Réunion apporte sa contribution humaine à la défense de la Patrie en Danger. Cette contribution , bien qu'obligatoire, est soutenue par les élus de l'île qui voient là une opportunité de prouver leur attachement à la Nation française.

D'après les journaux de 1914, à la nouvelle de la mobilisation, La Réunion répond à l'appel par un élan patriotique général et unanime. Elan tangible ou exagéré ? Les crises politiques, économiques et sociales gangrènent l’île. Pour ceux qui se présentent, ils peinent à répondre aux exigences physiques de l'Armée française. Malgré tout, 14 354 Réunionnais partent défendre la Nation. A partir de 1915, les Réunionnais participent à l’ensemble des opérations militaires sur le front de l'Ouest et sur le front d'Orient, vivant l'enfer des tranchées. A la saison hivernale, peu résistants au froid, ils rejoignent les autres coloniaux dans des camps d’hivernages.

A à date du 11 novembre 1918, 1 693 Réunionnais ont trouvés la mort loin de chez eux. La Réunion acclame la nouvelle de l'armistice et les foules défilent dans les rues des grandes villes. Les hommes vont pouvoir enfin rentrer. Cependant, le retour dans l’île sera long et s'étalera jusqu'en 1921.

Rachel Mnemosyne-Fevre